Saez, Jeunesse lève toi
young inspiration #05

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Si le fascisme est à la porte,
Et que le diable nous emporte,
Au vent mauvais,
A quand la lutte ?
 

 

Saez, vous avez dit que, pour être 
un artiste, il fallait être engagé. 
Est-ce une obligation ?

Damien Saez. J’ai dit ça ? (Rires) Ce qui est sûr, c’est que dès qu’il y a œuvre, il y a engagement. Après, l’engagement politique, c’est autre chose. On m’a très souvent dit : « Vous êtes engagé. » Je ne le suis pas spécialement. Aujourd’hui, tu parles de quelque chose de social et tu es engagé. Ainsi (il attrape son disque Messina) que ce soit Fin du monde, les Échoués et Faut s’oublier, les trois chansons parlent du SDF qui dort devant le studio d’enregistrement. Parler de lui, est-ce que c’est être un artiste engagé ? Fils de France est un engagement politique plus fort. Mais il n’y a rien de plus beau qu’une chanson d’amour quand même. C’est un engagement aussi.

 

Tes parents sous anxiolytiques dans les mines modernes,
Faut du gazole dans la bagnole pour renter la thune dans ta compagnie
Des bénéfices aux actionnaires et toi qui galères pour payer des fringues à tes mômes
Que t’es triste à mourir
La jeunesse est au shit, à l’AC, à la colle,
Dis-moi qu’est-ce qu’on lui offre qui vaille mieux que ça ,
Que l’appât du gain toujours encore, de l’avoir sur nos êtres
Nous n’avons plus de rêves que celui d’oublier
Tu les as vu les autres,
Ils ont le regard pauvre, plein de sous dans leur poches,
La commission qu’ils se sont fait pour le crédit de leur bagnole,
Ils sont en Porsche ou en Aston, toujours accompagné d’une conne
ils ont le regard de la mort, le regard de la mort,
L’obscurantisme décidément fait des petits de jours en jours,
C’est sûr eux, ils brûlent pas de bagnoles
Pendant qu’ils font des farandoles dans leurs putains de boites de nuit ,
Dans leur putain d’assemblée,
C’est sur qu’ils font partie de la communauté
Servir à soif à qui a faim
Prôner le vide à qui est plein
Et faire l’amour à des corps sourds
Pourquoi faudrait-il que l’on s’aime
Pourquoi faut-il qu’on s’en souvienne,
Quand ça rend le cerveau trop lourd,
Servir des rires à qui à peine,
Et se jeter sous de poids lourds,
S’effiler au fil du rasoir,
Se pendre à coup de corps perdus,
Évadez-moi … Embrasons- nous…
S’effiler au fil du rasoir,
Se pendre à bout de corps perdus
Evadez, évadez, évadez, évadez-moi !
Embrasons, embrasons, Embrasons, embrasons-nous.
Au devant les supplices c’est le cœur qui crie
Pour foncer dans le tas, les barrages de police,
Avec moi les fantômes aux ombres invincibles
Devenir invisible pour mieux toucher la cible
Y’a pas d’ordre qui tienne, s’il y pas le désordre
Y’a pas la liberté, si t’es pas prisonnier
Evadez, évadez, évadez, évadez-moi,
Embrasons, Embrassons, Embrassons, Embrasons-nous
Ils n’ont que l’argent à la bouche. Il n’y a que l’argent qui les touche
Il y a des dollars sur leur bavoir, sûr qu’ils en ont à nous en vendre , de la connerie
Moi je dis que celui qui s’achète une action à du sang sur les mains
Celui d’un ouvrier à l’autre bout du monde qu’on renverra chez lui, En lui disant merci
Mais il faut gagner plus, Mais il faut gagner plus, Mais il faut gagner plus
De l’or, de l’or, toujours on veut de l’or, de l’or, de l’or, toujours on veut de l’or
Il rentrera chez lui, annoncer à sa femme,
Qu’il nous quittera bientôt, qu’il n’a plus rien
Tu rentreras chez toi, annoncer à ta femme, connard , que tu n’as plus rien, que tu n’as plus rien.
Il est où le procès , il est où le putain de procès
Allez brûlons la bourse, histoire de leur donner le change
Moi j’attends le procès
De ceux qui s’amusent avec des milliards
Des milliards de dollars, Des milliards de dollars
Pauvres petits cons
TOTAL, 12 Milliards de bénéfices,
12 putains de Milliards de bénéfices,
Sûr, si tu voles un putain de portable, tu prendras 2 ans
Sûr si tu payes pas ton putain de loyer, ils t’enverront l’huissier
Mais si tu prends des milliards, allez sert la main aux politiques
On veut les voir en tôle
Je ne vois qu’un royaume : Démocratie
Démocratie, mon cul,
T’en as pas marre
Toi putain de peuple
Qu’on te fasse le cul
A chaque coin de rue
T’en a pas marre
Je ne vois que la rage
De ceux qui n’ont plus rien
La tête au fond des chiottes
A chercher l’oxygène
Un jour, un jour
Le peuple se lèvera !””
SAEZ

 

 

Saez, les ados en phase avec vous, ils sont mûrs ou ils se trompent ?

Ils cherchent autre chose. C’est le propos de mon album, J’accuse. Je me demandais ce qu’un gamin de 20 ans devrait avoir envie d’exprimer… Et il y a des jeunes qui me suivent. On ne peut pourtant pas dire que je les flatte. Je les maltraite plutôt. Je pense qu’ils doivent y trouver une certaine franchise. En tout cas, pas un produit qui se contente de leur vendre une soupe démago. Ça leur sert de bouée, peut-être.

 

 

 A l’heure des guerres des champs d’horreur, faire de la terre des champs de fleurs .

Saez annonce son grand retour avec “Le manifeste” à travers une vidéo de huit minutes, dans laquelle il explique sa démarche. La séquence dévoile les intentions de l’artiste engagé qui ne veut plus se taire. Sans doute inspiré par les attentats de “Charlie Hebdo” comme ceux du 13 novembre, ainsi que par le sort des migrants, Saez repart « en campagne » avant 2017. Dans la peau d’un clown triste sur une plage, le chanteur de “Rochechouart” plante des fleurs dans le sable tandis qu’une mélodie cinématographique et bouleversante aux violons, sur laquelle s’invitent des choeurs religieux, retentit. « C’est la lutte » prévient l’artiste, en total contraste.

La guerre ne sait faire que des cimetières

Souhaitant brandir « la poésie face aux tyrans », Saez, sans un mot, se positionne en « résistant », avant de faire apparaître sur l’écran une conversation avec la mélancolie et de « partir en guerre ». Le poète de “Jeune et con” n’a ici rien perdu de sa rage et de son sens du verbe et touche en plein coeur, avant d’en dire plus sur son projet : “Le manifeste. Ni dieu ni maître”. 



 

 

Et pour finir un texte d’

“Considéré par certains comme un chanteur incompris au timbre baudelairien, c’est un provocateur selon d’autres avec un petit côté Gainsbourg. D’autres encore le jugeront engagé par sa volonté de s’élever au rang d’un autre Zola, mais du monde de la musique cette fois-ci. L’allusion en est pour le moins faite à travers son album « J’accuse » paru en 2010 où il dénonce véhémentement la société de consommation. Mais qu’importe! Qu’on connaisse son nom ou pas, qu’on l’apprécie ou non, à cappella ou au son d’une guitare, la voix à la fois douce et révoltée de ce bohémien nous parle à tous. Les mots sincères de ce poète maudit nous émeuvent, nous enragent, nous attristent et nous apaisent. Saez n’est pas seulement poète, c’est un orfèvre qui fignole ses vers comme un bijou à les faire paraître presque spontanés. Affranchi de toute métrique, la musicalité n’en est que plus renforcée et plus harmonieuse. Le chanteur semble puiser son inspiration dans les tourments romantiques des chagrins d’amour. L’amour, un thème récurrent qui est à la fois son égérie et la flamme qui le consume.”

à suivre …

 

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Où allez vous jeunes gens? …

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