Restez calme, on travaille pour votre bien-être

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COUP DE GUEULE D’UN CITOYEN BELCHE (CHAP 1)
 
Il y a eu, jour pour jour, le 25 avril 2015, un tremblement de terre qui a ravagé Katmandou et le Népal, faisant +/- 8600 morts et de nombreuses victimes et orphelins.
J’y étais, et j’ai vu les ravages que les lois de la Nature font aux hommes.
Pourtant ce peuple, pauvre, n’avait ni Dieu, ni haine, ni rage, tout au plus quelles divinités qui aidaient à perpétuer des traditions ancestrales et animistes, le respect de la vie et de l’environnement. 
Pendant ce temps, nous nous élevons contre la disparition de quelques dizaines de morts, et contre la haine de quelques uns contre nous, contre des Dieux qui n’existent pas et contre les idéologies de mort et de vengeance dont nous sommes TOUS responsables.
Pendant ce temps, des escrocs bien connus se foutent bien du reste du Monde, tant que le réservoir de leur yacht privé battant pavillon panaméen restera plein.
Pendant ce temps, des politiciens inutiles et pervers tentent de nous rassurer sur la pérennité de notre mode de vie.
Pendant ce temps, les industriels de tout bord continuent de piller les ressources de notre planète, pour de plus grand profits dont ils ne profiteront même pas de leur vivant abject…
 
POURQUOI le peuple le plus gentil de la planète devait-il subir autant de souffrances, alors que les peuples les plus indignes semblent jouir d’une vie d’un niveau de confort bien au-dessus du quotidien de beaucoup d’autres ? Pourquoi la course à l’enrichissement personnel est-elle si cruciale aux yeux de certains alors qu’il suffirait de quelques minutes pour qu’ils disparaissent ensevelis sous un amas de décombres ?
 
PARCE QUE DIEU OU ALLAH OU BROL BROL…N’EXISTENT PAS. L’AVENIR EST ENTRE NOS MAINS.
 
PARCE QUE LE POUVOIR DE L’ARGENT A REMPLACÉ CELUI DE L’ESPRIT ET DU PARTAGE DES CONNAISSANCES. NOUS SOMMES SOUMIS A CE POUVOIR. ET QUE CE POUVOIR VEUT QUE NOUS SOYONS EGOÏSTES !
 
PARCE QUE NOUS NE NOUS RÉVOLTONS PAS CONTRE LUI, ACCEPTANT LES PLUS INDIGNES IDÉOLOGIES ET POLITICIENS DEPUIS TROP LONGTEMPS SANS ROUGIR DE HONTE, PRESQUE FIERS DE NOTRE VOTE OBLIGATOIRE…
 
PARCE QUE NOUS AVONS PEUR ! 
PEUR DU POUVOIR ET DE SA POLICE, DE SON ADMINISTRATION INCOMPÉTENTE (valable pour ceux qui s’informent uniquement)
PEUR DE PERDRE NOS DROITS FONDAMENTAUX… (Dont on nous a déjà privé, anyway !!!)
PEUR POUR NOUS, AVANT D’AVOIR PEUR POUR NOS ENFANTS, ET LES ENFANTS DE CEUX-CI ETC…
PEUR DE SE RÉVOLTER, COMME D’AUTRES L’ONT FAIT, AU VIETNAM, AU CHILI, EN ARGENTINE, ET PLUS RÉCEMMENT EN ESPAGNE, EN GRÈCE…
 
CETTE PEUR QUI NOUS EMPÊCHE DE CRIER NON ! MAINTENANT CA SUFFIT… 
 
LA PEUR… C’EST BIEN CELA L’ORIGINE DES PIRES DICTATURES CONNUES, PASSÉES OU PRÉSENTES !
 
RESTEZ CALME, ON TRAVAILLE POUR VOTRE BIEN -ÊTRE (?)
 
Joel Van Audenhaege, le 25 avril 2016

Comments

  1. Jeep1060

    Le mythe de l’ennemi intérieur se connecte tout naturellement au mythe du “grand remplacement”

    Il y a dans les déclarations du ministre Jambon face aux parlementaires et dans ses commentaires à la presse un fil commun: celui de la création progressive d’un “ennemi imaginaire” d’autant plus facile à construire que nous vivons aujourd’hui dans une sorte de climat “post-traumatique” à la suite des attentats bruxellois. Ce processus est à l’œuvre depuis un certain temps: tant par la référence systématique au fait que les terroristes seraient des “barbares” que par la mobilisation permanente de la notion de “radicalisation” comme un “processus initiatique d’individus prédisposés”, émerge une véritable mythe de “l’ennemi intérieur” qui infiltrerait profondément nos sociétés, menaçant à tout instant de les déstabiliser.

    Au travers par exemple de la mise en exergue des “chiffres des départs en Syrie” – dont les méthodes de comptage sont soit opaques soit fantaisistes –, ce mythe se connecte tout naturellement au mythe du “grand remplacement” selon lequel l’évolution démographique provoquerait une “mainmise” des “Arabes” sur “nos” sociétés, thèse largement promue par des éditocrates d’extrême-droite et de droite radicalisée. Tout dans cette thèse est absurde, à commencer même par l’idée qu’il existe des “Arabes ” en tant que groupe social unifié: il s’agit là notamment d’un résidu de “l’anthropologie” néocoloniale et raciste d’Alexandre Pataï, auteur de The Arab Mind, livre de chevet des néoconservateurs et en particulier des conseillers des deux présidents Bush – ouvrage pourtant absolument relégué au rang de (mauvaise) fiction par la communauté scientifique internationale.

    L’ultime stratagème

    A force d’invocations, ces mythes interconnectés s’imposent toutefois progressivement comme des “évidences” qu’il ne faudrait même plus démontrer – ce qui est d’autant plus confortable qu’ils sont par essence indémontrables. Il ne suffit plus alors que de suggérer ce que “tout le monde sait bien” et quiconque ose critiquer sera immédiatement taxé “d’aveugle”, de “bien pensant” ou accusé “d’ergoter” alors que les “vrais enjeux” sont “connus”. Pire encore, toute question sur la validité de ces mythes pourra être présentée comme une “alliance” avec “l’ennemi”.

    C’est exactement ce que j’ai pu expérimenter au travers des retours sur mon témoignage: la plupart des critiques ont tenté de démontrer que des traits supposés de mon “identité” m’amenaient à me faire “objectivement complice” des terroristes. Ce retournement consistant à “attaquer la personne” plutôt que de construire un argumentaire dont on sait d’avance qu’il ne convaincra pas, est un grand classique de la rhétorique, connu sous le nom d’argumentum ad personam, que Schopenhauer suggérait – non sans cynisme – d’utiliser en guise “d’ultime stratagème”.

    Dans mon cas, il a pris la forme d’assignations identitaires ‘disqualifiantes’ dans l’esprit de mes détracteurs, comme le sociotype (voir Laurence Rosier, Petit traité de l’insulte) “bobo” – terme plastique permettant de délégitimer a priori les arguments de toute personne issue de la petite bourgeoise intellectuelle, singulièrement si elle est politiquement située à gauche – et le sexotype “pédé” (et variantes) – permettant à la fois de suggérer une “alliance des déviants” et de suggérer une absence de courage, celui-ci étant conçu comme une caractéristique ontologique du “vrai homme viril” (forcément hétérosexuel).

    Le bouc émissaire, les “discours de haine” et l’examen de conscience

    De manière implicite, lorsque Jan Jambon se présente en “homme d’action” seul capable de “nommer la réalité” quitte à prendre des risques politiques, lorsqu’il suggère que lui “travaille” alors que d’autres “philosophent”, il donne dans le même type de mécanismes argumentatifs permettant de disqualifier a priori la critique, trop intellectuelle, pas assez courageuse, “aveugle” à une “réalité” – dont il est parfaitement conscient qu’elle est indémontrable. À l’instar de celle de nombreuses figures politiques qui usent de ce type de mécanismes, la rhétorique de Jan Jambon n’est pas anodine : elle a une fonction d’exemple, qui vient renforcer en la légitimant la production des “discours de haine” sur le web – comme celui dont j’ai été la cible. Et la libération de ces discours haineux entraîne, en réponse, un renforcement de la dérive de la droite radicalisée.

    Il semble bien entendu aujourd’hui que cet “examen de conscience” indispensable n’aura pas lieu

    Cette boucle de rétroaction acquiert une efficacité particulière dans un contexte hautement anxiogène, où la recherche d’un “bouc émissaire” permet d’éviter tout questionnement sur les responsabilités collectives dans des événements aussi dramatiques. Car telle est finalement la fonction de cet “ennemi imaginaire” dont on ne doit plus démontrer l’existence: il permet de trouver un exutoire bien confortable, tout en évitant absolument l’examen douloureux des failles de notre société, et donc, un questionnement proprement politique sur nous-mêmes. Il semble bien entendu aujourd’hui que cet “examen de conscience” indispensable n’aura pas lieu: la multiplication de mesures aussi spectaculaires qu’inefficaces, comme les dispositifs de contrôle généralisé, a largement pris le pas sur toute possibilité de travail approfondi, et on a débloqué des moyens faramineux pour des éphémères “plans d’urgence” tout en continuant à imposer des cures autrement plus structurelles “d’austérité” à l’ensemble des institutions qui participent à créer du lien social.

    Lorsque cette invocation devient un argument politique acceptable, c’est toute la société qui se retrouve perdue dans ce cauchemar

    Le mythe de cet “ennemi intérieur” continue forcément à être entretenu pour légitimer l’ensemble de ces mesures, quitte à ce qu’il s’impose progressivement comme une évidence de sens commun. Et tout qui le questionnera sera irrémédiablement renvoyé à un problème d’intellectuel déconnecté de cette “réalité” considérée d’autant plus vraie qu’elle permet de donner l’illusion de l’efficacité d’une “action ciblée”, toutes choses restant égales par ailleurs.

    Le problème est évidemment que la construction d’un ennemi imaginaire alimente les phobies qui amènent progressivement à suspecter tout signe d’altérité comme signe de “possible ralliement à l’ennemi”. Bref, cet “ennemi imaginaire” est amené à grandir sans cesse dans l’esprit de ceux qui l’invoquent, quitte à leur faire perdre toute raison. Et lorsque cette invocation devient un argument politique acceptable, c’est toute la société qui se retrouve perdue dans ce cauchemar.

    Renaud Maes
    est directeur du pôle “Education populaire” du Collectif Formation Société, coordinateur de l’Université populaire de Bruxelles et chercheur au Centre de Recherche en Psychologie des Organisations et des Institutions de l’Université libre de Bruxelles.

  2. Jeep1060

    L’idéologie qui prévaut aujourd’hui est basée sur la peur. La peur de l’autre, la peur des jeunes, la peur des roms, la peur de l’islam, la peur du terrorisme, etc…

    Chaque peur déclenchée dans le corps social est utilisée pour restreindre les libertés fondamentales. Les innombrables fichiers, les tests ADN, les répressions inquiétantes de toutes les manifestations non autorisées. La débauche de moyens sécuritaires pour chaque manifestation autorisée. La débauche de moyens sécuritaires pour chaque déplacement du chef de l’état. La débauche de moyens sécuritaires pour certains évènements sportifs. Il est fréquent de constater pour les matches de football une débauche de moyens de sécurité, jusqu’aux hélicoptères qui surveillent les agissements des foules. Tout ceci s’impose à nous peu à peu. Il nous semble naturel de renoncer à nos droits fondamentaux et à notre liberté pour assurer la sécurité. Le rouleau compresseur médiatique et ce déploiement de force ont imposé à nos cerveaux reptiliens les comportements attendus : la peur, la soumission et le renoncement.

    Heureusement des résistances existent. Il est primordial pour le pouvoir en place d’éradiquer ces îlots de contestation et de liberté. On ne voit plus la violence avec laquelle sont réprimés certains syndicalistes courageux, ni les initiatives citoyennes spontanées, qui défendent le bien commun. Il convient pour les tenants de cette idéologie de briser les résistances et de mettre au pas les fortes têtes.

    Naomi Klein dans son livre”La stratégie du choc” analyse l’idéologie ultralibérale qui impose aux peuples par la peur le capitalisme du désastre. Elle expose clairement les modes opératoires mis en place pour faire accepter aux personnes toutes les régressions voulus par cette oligarchie mondiale.

    Cordialement.
    Lucien PONS.

  3. Chers Lucien et Renaud. Merci pour vos réactions à mon coup de gueule… Je lis avec plaisir vos écrits, mais la plupart des gens qui sont victimes de cette peur et cette nouvelle forme de dictature ne comprendras rien à vos analyses… Le temps des discours est passé, il faut agir maintenant… Je ne sais comment, je me sens trop vieux et épuisé, mais il y aura bien dans nos lecteurs quelques jeunes gens et jeunes femmes qui comprendront que l’avenir est dans leur main, dans leurs actes et dans leurs choix de société. Joel, encore capable de fabriquer un cocktail Molotov au cas où…

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