#jesuistanguy
Young Inspiration # 03

tanguygr

STOP AUX MESURES ANTI-JEUNES !!!!!!

Petit mode d’emploi à l’usage des jeunes générations

L’intérim à vie comme seul avenir pour une partie de la jeunesse? Non merci !

Les jeunes vont ils se fondre dans ce moule imposé? Rien n’est moins sur …

Petite parenthèse dans notre série d’article “Young Inspiration”, ou nous sommes partis en dehors des sentiers battus à la recherche des jeunes d’aujourd’hui. Surtout ceux qui ne sont pas au devant de la scène médiatique, consumériste, et autres icônes image bank. Nous allons tenter de préciser le paysage social dans lequel ils évoluent, comment ils se débrouillent, et quelles sont les alternatives créatives, positives qui existent, et pourquoi pas quelques bonnes utopies à rafraîchir. Si vous avez envie de réagir, témoigner, participer, vous trouverez un formulaire de contact en bas de page, bienvenue :)))

 

“Les Affamés” par Léa Frédeval

La voix des jeunes. Ils sont le fragment de cette génération. Filmés dans leur appartement, sur leur lieu de travail ou par web cam interposée, tous répondent à 15 questions. Qu’ils viennent de Paris, de province, qu’ils vivent en France ou ailleurs, tous ont des choses à dire, tous ont une vision différente de leur époque, de leur société et de l’avenir qui les attend.

Et finalement, tous ont faim de quelque chose.

#jesuistanguy

 Ce premier épisode de trois, les mesures du gouvernement, sera suivi par, les conséquences chez les jeunes exclus, et les alternatives possibles ou utopiques.

 Cet article est un peu sec, désolé, mais au moins on saura à quelle sauce ils vont se faire manger, ou pas …

 Le 17 Octobre le gouvernement a bouclé son budget. Un véritable coup de tonnerre dans le paysage social, mais surtout et encore une fois ce sont les jeunes qui sont particulièrement visés. Tout d’abord, la réintroduction du salaire minimum dégressif pour les moins de 21 ans, la “mauvaise farce des starters jobs” qui consiste en une “marche arrière toute” sur le salaire minimum des jeunes. Concrètement, les jeunes qui travaillent et qui ont moins de 21 ans perdront jusqu’à 30% de leurs revenus. En 2012, les partenaires sociaux s’étaient mis d’accord pour supprimer la dégressivité du salaire pour les moins de 21 ans : un salaire minimum à 100% était garanti pour tous. Auparavant, le salaire minimum débutait à 76% à l’âge de 17 ans avant de progresser jusque 94% à 20 ans.  Une aubaine pour l’employeur qui, sans rien faire, pourra payer son “travailleur” moins cher. Certains jeunes perdront 30% par rapport au salaire attribué aujourd’hui !

  Ensuite,  le passage de 6 à 12 mois pour ce qui concerne la période à travailler, dite de stage ONEM, pour les jeunes qui se lancent dans la vie, avant de pouvoir prétendre à une quelconque prestation telle que le chômage notamment. Avec la flexibilité du travail, et les contrats précaires prévus par cet accord, cela pénalise évidemment tous les jeunes qui débutent leur vie professionnelle.

 Ce gouvernement inflige une double peine aux jeunes : non seulement ils devront accepter un emploi précaire mais, s’ils le perdent ou que le contrat se termine, ils n’auront pas droit à une allocation. Idem s’ils sont malades.

Part One: Ce gouvernement enfonce les plus faibles.

L’exemple de la réforme  des “Allocations d’insertion” (voir en fin d’article).

 Le précédent gouvernement avait déjà « réformé » le stage d’attente. Il y avait la prolongation du stage de 9 à 12 mois, le renforcement du contrôle et de la conditionnalité à ce droit, la limitation des allocations à 3 années, et l’accès au droit bloqué après 30 ans. Dans la foulée, le « stage d’attente » devenait « stage d’insertion », pour bien montrer que les jeunes sont des fainéants, qui attendent leur allocations plutôt que de s’insérer sur le marché du travail. Depuis, c’est certain, la situation est bien meilleure pour les jeunes sur le marché du travail : 33% des jeunes wallons sont au chômage, et 40 % des Bruxellois.

  Le gouvernement Michel 1er s’est installé et a poursuivi cette dynamique visant à « améliorer la participation des allocataires sociaux au marché du travail ». On croit rêver …

 

14591594_1295435960518717_5193176604372915442_n

 

 Ce qui est particulièrement vicieux dans ces mesures, c’est qu’elle ciblent les jeunes qui ont un parcours plus difficile, ou qui entreprennent des études plus longues. Les jeunes qui réussissent sans rater une année à l’école pourraient bénéficier des allocations d’insertion. Alors que bien évidemment, ce sont eux qui statistiquement auront le plus de chances de trouver un emploi rapidement.

  Plutôt que d’avoir le courage de supprimer purement et simplement les allocations d’insertion, les gouvernements successifs l’ont raboté de tout côté. Il n’en reste quasi plus rien. Ce ne serait pas si grave si les allocations de chômage, sur base du travail, n’étaient pas si restrictives. Il faut un an de travail temps plein sur une période d’un an et demi pour bénéficier d’allocations de chômage. Qui peut dire aujourd’hui qu’il est facile de trouver un emploi temps plein à durée indéterminée (ou d’au moins 1 an) en début de carrière ?

Ces mesures ne sont pas économiques, elles sont idéologiques!

 Économiquement, elles sont marginales, elles rapportent environ 30 millions d’euros par an au gouvernement sur un montant total de 11 milliards. A ce jour, le gouvernement n’a toujours pas justifié les 40 millions d’économies qui  pourraient être réalisées avec le retour de la dégressivité du salaire des jeunes. Le message est le suivant : maintenant qu’on a un gouvernement de droite, on va casser la solidarité, on va casser les plus faibles. Quelles en seront les conséquences ? les jeunes (et les moins jeunes) accepteront n’importe quel mini-job, à n’importe quel prix. Les travailleurs ne pourront plus rien revendiquer, poussés dans leur dos par une armée de réserve toujours plus affamée. Cette vision de la société est dangereuse pour tout le monde. Qu’on ne s’étonne pas de la montée de la violence, elle prend sa source dans les inégalités et l’injustice !

  En voulant motiver les jeunes diplômés à s’insérer sur le marché de l’emploi, les gouvernements Di Rupo et Michel ont sérieusement réduit l’accès aux indemnités d’insertion. Si la mesure se parait de bonnes intentions, c’est en fait une sanction terrible pour les jeunes “motivés” qui n’arrivent pas à trouver du travail. L’accès aux longues études est également fortement compromis pour les jeunes en situation de précarité, alors que l’âge maximum pour demander les indemnités d’insertion a été rabaissé à 25 ans.

3 ans pour trouver son premier emploi

 A l’ère précédente, le gouvernement décidait de raboter le droit aux indemnités d’insertion, auparavant illimitées, à 3 ans. La raison : pousser les jeunes à l’emploi tout en leur laissant le temps de rechercher activement leur premier job. Or, dans la conjoncture actuelle, certains jeunes, en dépit de leur volonté, n’arrivent pas à se faire embaucher. Au delà de cette échéance, les jeunes se retrouvent sans aucune aide, étant donné que les indemnités d’insertion ne sont accordées qu’aux jeunes n’ayant pas suffisamment travaillé pour bénéficier d’allocations chômage. Un sentiment d’injustice légitime, d’autant plus que le gouvernement n’a prévu aucune solution de palliation de ces aides sociales.

Pas d’indemnités après 25 ans: quid des longues études ?

 En outre, depuis le 1er janvier 2015, l’accès aux indemnités d’insertion pour les jeunes s’est encore durci par les mesures du gouvernement Michel. Désormais, l’âge maximum pour formuler une demande d’indemnités d’insertion est fixé à 25 ans, alors qu’il était auparavant limité à 30 ans. Conséquence : tous les étudiants qui ont doublé une fois, suivent des études supérieures longues, ou qui hésitent un peu trop dans leur orientation professionnelle, se voient refuser ces aides sociales précieuses. Dès la fin des études, de nombreux jeunes se retrouvent dorénavant dans une situation de précarité, non seulement à l’emploi mais aussi à l’intégration sociale. Un pénalité à la ligne d’arrivée qui a de quoi franchement réprimer les vocations vers des études de longue haleine.

 

 1904096_938406992892077_1392072801683476738_n

 

Les moins de 21 ans sans diplôme, privés d’allocations d’insertion

 Les jeunes demandeurs d’emploi doivent fournir la preuve qu’ils ont réussi leur CESS. Cette mesure est passée plutôt inaperçue, elle est entrée en vigueur le 1er septembre et risque de prendre de cours de très nombreux jeunes.

  Selon les chiffres à notre disposition, c’est donc 40% des jeunes qui ne pourront plus bénéficier d’allocations d’insertion. 13.000 jeunes qui, chaque année, sortiront des statistiques du chômage pour rejoindre les CPAS, pour les plus chanceux, la débrouille et la solidarité familiale pour les autres.

  Le gouvernement impose désormais une condition de réussite pour pouvoir bénéficier des allocations d’insertion (des allocations de chômage sur base des études). Il faut un diplôme de secondaire ou d’une formation en alternance pour y avoir droit. Les jeunes entre 18 et 21 ans qui sortent sans diplôme en seront privés dès ce 1er septembre. Un public déjà fragilisé, et pour qui décrocher un emploi est pourtant déjà plus compliqué que d’autres demandeurs d’emploi. Supprimer ces allocations d’insertion, c’est supprimer un filet de sécurité. Angela Sciacchitano, responsable des jeunes FGTB estime que “le gouvernement fédéral met en place un dispositif qui va exclure totalement les jeunes de moins de 21 ans sans diplôme de tout dispositif d’accompagnement”.

  Et c’est bien ce que craignent le Forem et Actiris :
“Bloqués par le fait qu’ils n’ont pas droit aux allocations d’insertion, le risque est que ces jeunes ne trouvent plus la motivation de rester auprès des services publics de l’emploi, explique Grégor Chapelle, le directeur d’Actiris, et donc qu’on les perde, qu’ils deviennent malheureusement des ‘DENI’, des demandeurs d’emploi non identifiés”.

Même constat pour Marie-Kristine Vanbockestal, directrice du Forem :

“S’ils ne sont pas accompagnés par le Forem, ils risquent de tomber dans une espère d’errance sur le marché de l’emploi, avec des comportements défaitistes, de rejet qui risquent de surgir dans le chef de certains de ces jeunes”.

“C’est une mesure injuste, car elle touche les plus fragiles, mais c’est aussi une mesure totalement contre-productive”, enchaine Grégor Chapelle. “L’Europe et le gouvernement bruxellois nous demandent de garantir une solution aux jeunes dans les 6 mois de leur inscription, soit un emploi, soit un stage, soit une formation. Et ici le gouvernement fédéral prend une mesure qui cible les plus fragiles d’entre eux, c’est-àdire ceux qui n’ont pas de diplôme du secondaire, et qui les décourage à rester inscrit à Actiris, à rester dans un parcours d’accompagnement vers l’emploi”.

Didier Gosuin, ministre bruxellois de l’Emploi et de l’Économie, précise:

“Nous sommes aujourd’hui confrontés à une difficulté complémentaire: intégrer sur le marché de l’emploi, des personnes exclues et non identifiées car non réinscrites auprès d’Actiris. Comment aider ces personnes que nous ne connaissons pas et désormais sans allocation”, a-t-il demandé. Aider ???

Pour le ministre FDF, la mesure d’exclusion des allocations d’insertion “s’apparente clairement à une mesure idéologique” en ce qu’elle n’engendre pas d’économie réelle, mais un transfert de charges, qu’elle touche peu, voire pas du tout le public-cible et une baisse des chiffres du chômage qui n’est qu’artificielle.

Limiter les indemnités tout en créant de l’emploi jeune

 Les jeunes diplômés l’ont compris : le gouvernement compte faire des économies sur leurs indemnités, tout en assurant s’investir sur l’accès à l’emploi jeune en parallèle. Si ces restrictions des indemnités d’insertion sont un coup dur pour beaucoup, il est vrai que le gouvernement développe actuellement des projets de promotion de l’emploi des jeunes. Notamment, la réforme à venir des emplois ACS, qui devraient être entièrement revus au bénéfice de l’insertion des jeunes sur le marché du travail. D’autre part, la ministre de l’Emploi au gouvernement wallon Eliane Tillieux (PS) a placé l’accès des jeunes au travail en tête des objectifs de son Pacte pour l’emploi et la formation.

Les mesures effectives sont attendues de pied ferme.

En attendant …

J’ai fini l’école, je fais quoi ?

 Fini l’école! La cloche a sonné, et si pour certains c’est la délivrance, pour tous c’est un autre type de galère qui commence.
Si la vie active a ses charmes, les débuts sont souvent complexes, et il est bon de rappeler les démarches à effectuer à la sortie des cours.
Elles sont très bien expliquées ici …

 

tumblr_oakzunprf31vrof52o1_1280

Au moins trois choses que les jeunes devraient savoir sur la Loi Peeters

Travailler jusqu’à 45 h par semaine sans sursalaire

 Le Plan Peeters propose une annualisation du temps de travail (calculée sur un an et non plus par semaine), avec le maintien d’une moyenne de 38h par semaine, permettant par exemple de travailler 45 h par semaine sans sursalaire pendant 6 mois, puis 31 h pendant les 6 mois suivants. Concrètement, des travailleurs ayant 1h de trajet domicile-travail devront partir à 8h du matin, pour commencer à travailler à 9 h jusque 19 h et arriveront chez eux à 20 h. Le ministre affirme que cela permettra aux gens de choisir quand travailler plus et quand travailler moins, en fonction de nos envies et de notre vie privée. Prenons l’exemple de l’Horeca qui fonctionne déjà sur l’annualisation du temps de travail. Avec des enfants, il est beaucoup plus intéressant de travailler moins lors des grandes vacances scolaires, pour passer du temps en famille. Pourtant, c’est la période du soleil et des terrasses. Dans les faits, aucun patron de l’Horeca ne permet à ses employés de prendre du temps pour eux dans cette période-là, d’autant plus que de nombreux chercheurs d’emploi accepteraient de prendre cet emploi pour sortir de la précarité. Ce ne sont donc pas les besoins des employés qui définiront leur horaire de travail, mais plutôt ceux de l’employeur.

L’intérim obligatoire à vie comme seul avenir pour une partie de la jeunesse

 Une autre mesure proposée par Kris Peeters est d’avoir la possibilité de signer un contrat à vie avec une agence d’intérim, qui donnera des “missions” à ses employés. En cas de refus d’une de ces missions, l’employé rompra le contrat et perdra tout droit aux allocations de chômage.
  En 2015, la Belgique comptait 100 000 travailleurs intérimaires à temps plein. En sortant des études, voire même pendant leurs études, de nombreux jeunes passent par la case “intérim” car le manque d’emploi sur le marché du travail augmente les critères nécessaires à l’obtention d’un emploi, notamment une expérience de travail, que les jeunes ne peuvent trouver que via ces jobs flexibles et instables.

 Avec cette mesure, les jeunes seront obligés d’accepter n’importe quel job, même très éloigné de leurs compétences, loin de chez soi, ou encore avec des horaires pénibles. Ce contrat précaire-à-vie rendra presque impossible de développer une vie sociale riche, que ce soit en développant des relations sociales fortes avec ses collègues ou ayant la possibilité de prévoir d’aller à un concert ou à un repas de famille sans avoir peur de devoir l’annuler en dernière minute. Si cela peut être riche pour des jeunes travailleurs d’avoir la possibilité de changer d’emploi afin de découvrir différents secteurs et d’acquérir de l’expérience, avec la Loi Peeters, les travailleurs intérimaires ne pourront pas choisir leur emploi, ils seront ballottés d’un contrat à l’autre selon les besoins des employeurs.

 

 

« Ce n’est pas parce que c’est normal que c’est acceptable. »         Léa Frédeval

Génération Y, une génération qui risque bien de devenir la génération burn-out

 L’augmentation du temps de travail à 45 heures par semaine, l’intérim à vie, les changements d’horaires, les changements de lieux de travail et de collègues risquent de détériorer la qualité de notre bien-être au travail, mais également notre vie privée. Prévoir des activités culturelles, sportives ou citoyennes deviendra de plus en plus difficile. Instaurer une soirée par semaine entre ami.e.s ou simplement pouvoir aller chercher soi-même ses enfants à l’école chaque jour deviendra de plus en plus difficile. Nous vivons de plus en plus pour travailler, au lieu de travailler pour vivre.

 Notre gouvernement, avec cette loi comme point d’orgue, nous promet la précarité de l’emploi et l’incertitude du lendemain.

Ce désarroi d’une frange importante de la jeunesse est renforcé par le contexte socioculturel global

 Face à cette violence sociale latente, plusieurs autres aspects de la vie sociale sont apparus comme générateurs d’incertitude. Tous les jeunes sont à la fois confrontés à une société qui, d’une part, fait rêver et fixe très haut la barre des attentes (avoir un projet personnel, épanouissant et réaliste…) et qui, d’autre part, répartit très inégalement les moyens de réaliser ces rêves.

  La société actuelle a adopté un modèle économique néo-libéral qui survalorise la compétition (il faut être un gagnant…), la consommation (pour être quelqu’un, il faut acheter, posséder…) et la communication (il faut être dans le coup…). Ce système ne peut qu’exclure, éliminer et humilier tous ceux – de plus en plus nombreux – qui n’ont pas les ressources matérielles, culturelles et familiales pour y arriver. Comment ne pas comprendre la  désespérance de nombre de jeunes, placé.e.s devant cette contradiction fondamentale ?

 Un député wallon (MR), Laurent Henquet, directeur en congé de l’institut Saint-Louis à Namur, en collaboration avec le député fédéral David Clarinval (MR), qui est également chef d’entreprise, a décidé de lancer une initiative similaire en Wallonie et à Bruxelles.

 Le nom de son projet : Ado.p. A pour attitude au travail, D pour discipline, O pour ordre et P pour ponctualité. “L’objectif est de faire acquérir aux jeunes du 3e degré – dans un premier temps – de l’enseignement qualifiant, certains codes comportementaux qui leur seront essentiels dans leur parcours professionnel. Un travailleur qui veut fournir un travail de qualité doit posséder ces compétences”, commente Laurent Henquet.

 Les deux députés considèrent que ce type d’attestation est attendu et demandé par les employeurs potentiels que sont les indépendants, les PME/TPE, les grandes entreprises ou encore la fonction publique. “En tant que patron d’entreprises, je suis évidemment demandeur de ce genre d’initiative, cela permettra déjà d’évacuer les CV de personnes qui ne posséderaient pas cette attestation”, explique de son côté David Clarinval.

 Inouï. Ils délaissent la voie parlementaire, Laurent Henquet va donc mettre en place une structure légale permettant de développer son projet, sans passer par la case “proposition de décret” auprès des deux parlements où il siège (Wallonie et Fédération Wallonie-Bruxelles). “Si je fais cela, la majorité va envoyer mon projet à la poubelle”, dit-il. … in la Libre.be le

 Dans ce contexte, certain.e.s refusent de se couler dans le “Moule”, de suivre ce parcours du combattant, une “Génération Y”, qu'”ils” qualifient déjà de perdue, et qu’on appelle les NEETs.

 Le fait de ne pas se sentir concerné par des droits sociaux et de l’offre publique d’insertion est une des raisons majeures du non-recours à la mission locale. Les formes passives et actives du non-concernement renvoient à trois dimensions : la sensibilité à l’information, la perception d’un intérêt au recours, le rapport à la demande. L’analyse du non-recours souligne certains décalages entre les dispositions, besoins et attentes des jeunes et la réponse publique qui leur est adressée. La question du non-recours aux prestations sociales figure pourtant sur de nombreux agendas politiques. Le non-recours manifesterait il l’expression d’un désintérêt ou d’un désaccord pour l’offre publique?

Le non-recours, un comportement politique ?

Vous êtes indigné.e, faites le savoir …

Les allocations d’insertion en bref

 Qu’est-ce que c’est ? A la différence des allocations de chômage, basées sur le passé professionnel, les allocations d’insertion sont octroyées par l’Onem sur la base des études ou d’un apprentissage, avant même que la personne ait suffisamment travaillé pour prétendre aux allocations de chômage. Les allocations d’insertion sont octroyées au terme d’un stage d’insertion d’un an (anciennement stage d’attente).
  A combien s’élèvent-elles ? Leur montant varie en fonction de l’âge et de la situation familiale de l’allocataire. Pour un chef de ménage avec un enfant à charge, le montant est de 1 127 euros (montant qui augmente avec le nombre d’enfants). Pour un isolé, l’allocation se monte à 834 euros (pour les plus de 21 ans). Et pour un cohabitant, c’est 433 euros (pour les plus de 18 ans).

Quels sont les durcissements apportés à la réglementation ?

 Le gouvernement Di Rupo a limité la durée durant laquelle on peut percevoir des allocations d’insertion à trois ans. Cette mesure, entrée en vigueur en 2012, a provoqué des exclusions des allocations d’insertion à partir de janvier 2015. Des exceptions avaient été prévues pour certains publics (problèmes médicaux…), qui arriveront à terme fin 2016. Le gouvernement Michel a pris deux mesures complémentaires : l’âge maximal pour introduire une demande a été abaissé de 30 à 25 ans (vu le stage d’un an, il faut donc avoir terminé ses études à 24 ans) et les moins de 21 ans doivent avoir réussi, et non plus seulement terminé, leurs études secondaires. Ces deux mesures vont également priver des milliers de jeunes des allocations d’insertion.

A 26 ans, Salomé vit mal sa dépendance à ses parents

 Trop âgée. Salomé est sortie des études en septembre dernier, avec un diplôme de journalisme de l’Ihecs et un autre de philosophie de l’ULB. A ce moment, elle avait 26 ans. Trop âgée pour avoir droit aux allocations d’insertion, pour lesquelles la demande doit être introduite avant l’âge de 24 ans, mais après la fin des études. “Je suis donc en stage d’insertion, mais je sais déjà qu’à son terme, je n’aurai pas droit aux allocations. Autour de moi, il y a beaucoup de cas semblables. Aujourd’hui, pour percevoir les allocations d’insertion, il ne faut pas avoir raté une année d’études, ni s’être réorienté, ni avoir passé un an à l’étranger pour apprendre les langues”,déplore-t-elle. Elle comprend d’autant moins cette mesure que l’on ne cesse de dire aux jeunes que les diplômes sont les passeports vers un emploi et qu’il faut parler plusieurs langues.

“Le pire, c’est que j’ai pris connaissance des nouvelles règles pendant mon master. Si j’avais su, je ne sais pas si j’aurais entrepris un diplôme complémentaire.

  Aujourd’hui, Salomé a cependant obtenu un premier emploi, mais il s’agit d’un contrat à durée déterminée, à quart-temps. Elle ne va donc pas accumuler le temps de travail nécessaire pour s’ouvrir le droit aux allocations de chômage (basées sur le travail presté) et n’aura pas droit non plus aux allocations d’insertion (basées sur les études). “Je ne suis donc pas autonome. Mes parents m’aident, en attendant que je trouve un autre job. J’ai cette chance, mais je ne le vis pas bien. A 26 ans, je demande encore à mes parents de me soutenir, alors que j’ai déjà eu la chance de faire des études.”

Retour en haut de page

 

Tout ce que vous devez savoir sur le Plan Peeters mais que vous ne voulez pas voir se réaliser,

c’est ici …

Et ici, un web doc de première nécéssité, “Ouvrez les yeux” …

 Previously on “Young Inspiration”, les épisodes précédents, …

Young Inspiration # 01 …

Young Inspiration # 02 …

Jeep Novak  à suivre

 

Sources et remerciements

Laure de Saint-Gilles pour le titre et l’impulse

Vincent pour la relecture

La pMP[*] comme observatoire privilégié

et

http://solidaire.org/articles/au-moins-trois-choses-que-les-jeunes-devraient-savoir-sur-la-loi-peeters

https://bruxelles-hal-vilvoorde.csc-en-ligne.be/csc-en-ligne/Actualite/communiques-de-presse/cp-2014/Michel-1er-enfonce-les-plus-faibles.html

http://www.rtbf.be/info/belgique/dossier/gouvernement-michel/detail_chomage-des-milliers-de-jeunes-prives-d-allocations-des-le-1er-septembre?id=9062768

http://pro.guidesocial.be/actualites/prives-d-indemnites-les-jeunes-sont-largues-en-pleine-precarite-de-l-emploi.html

http://www.atelierdroitssociaux.be/node/1197

http://www.fgtb.be/web/guest/files-fr/-/file/2443779/

https://monitoringdesquartiers.brussels/

https://fr.wikipedia.org/wiki/NEET

http://www.actiris.be/marchemp/tabid/211/language/fr-BE/Statistiques-sur-le-marche-du-travail-bruxellois.aspx

http://vivre-ensemble.be/No-future-pour-les-jeunes

http://www.eurofound.europa.eu/fr/young-people-and-neets-1

Related Post