Brussels in circles

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Fabuleux, on comprend enfin où on va

Bruxelles possède un des plus grands réseaux de tram d’Europe. Mais, la carte officielle des transports publics bruxellois rend-elle suffisamment justice aux qualités de ce réseau ? C’est la question que je me suis posée en découvrant le travail du psychologue et cartographe britannique Max Roberts ; lequel a récemment tenté de représenter le réseau bruxellois de manière simple et originale …

 

La carte de gauche, vous la connaissez bien. Vous l’apercevez sans doute chaque soir et chaque matin, si vous habitez ou travaillez à Bruxelles. Elle est censée vous orienter dans la ville et vous adresser un message clair : le métro rend vos trajets simples, faciles, rapides et confortables. En gardant bien cette image de simplicité, de rapidité et de confort en tête, observez à présent la carte du réseau complet (à droite). Que voyez-vous?

En 1933, quand le réseau du métro de Londres est devenu trop complexe et trop peu lisible pour les usagers, le dessinateur industriel Harry Beck décida d’en faire un plan simplifié ou les segments de droite qui relient les stations ne sont représentés que sous trois angles : verticaux, horizontaux et à 45 degrés. Aujourd’hui, le design de Beck – simple, cohérent, harmonieux et relativement fidèle à la topographie de Londres – a été imité dans presque toutes les métropoles. Pareil à Bruxelles : les deux cartes du réseau de transports publics bruxellois (reprisesci-dessus) ne comprennent que des segments de droite horizontaux, verticaux et à 45°.

La carte de gauche a le mérite d’être simple, lisible et cohérente, mais elle ne concerne que les trajets d’une minorité de Bruxellois qui vivent à proximité des grands axes. La carte de droite a la mérite d’être utile à tous les usagers sans exception, mais a perdu la simplicité caractéristique du design de Beck. Ces deux cartes ont donc un point commun : elles ne s’adressent pas à tout le monde. Aujourd’hui, pour bien se déplacer à Bruxelles, il faut soit s’installer à proximité des grands axes, soit avoir fait cinq ans d’études en design industriel.

Etant moi-même confronté au double-handicap et à la double-frustration de vivre légèrement excentré et de ne pas pas avoir fait cinq ans d’études en design industriel, j’ai pris contact avec le Dr. Maxwell J. Roberts de l’Université d’Essex. Ce psychologue et cartographe britannique étudie, depuis de nombreuses années, la façon dont les gens s’orientent dans l’espace et la façon dont on conçoit les cartes des réseaux de transports publics. Il a notamment écrit ces deux ouvrages édités à compte d’auteur : Underground Maps After Beck (2005, 2008) et Underground Maps Unravelled (2012).

 

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Extrait de « Brussels in circles » (2013), par M. J. Roberts

 

« Chaque réseau est différent », explique-t-il. Une méthode valable à Londres ne le sera pas forcément à Paris, Berlin à Bruxelles. Il propose donc des méthodes alternatives pour mieux représenter les réseaux de transports publics et donc faciliter la vie des usagers : il est possible de créer des réseaux hexalinéaires (avec des angles à 60°), octolinéaires (45°), dodécalinéaires (30°), multilinéaires (tous les angles possibles, avec les lignes les plus droites possibles), curvilinéaires (aucun angle, aucune ligne droite) et enfin des réseaux qui mélangent lignes droites et cercles concentriques. C’est cette dernière méthode qu’il a utilisée pour représenter le réseau bruxellois, avec ce petit commentaire : « Tram and Metro in perfect harmony« . Qu’est-ce que vous en pensez ?

 

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« The problem is that every network is different. They have different shapes. They have different connections. They have different sizes. And, so, the real challenge for designers in to think about the design rules, think about how best to model the network, and then – once you’ve done that – try to optimize, so that within the design rules you have chosen, you’ll have simplicity, balance, coherence, harmony and not too much topographical distortion. The point is : just because some design rules worked for Henry Beck in 1933 doesn’t mean that they are the right rules for every network now and forever into the future » (TEDx at Sussex University, 2013)

 

Par Mathieu Simonson publié originalement sur Ezelstad, la Cité des Ânes

Pour aller plus loin …

Et, pour les plus matheux d’entre vous …

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