Balade St.Gilloise

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Pour retrouver le goût d’écrire, peut-être suffit-il de de se promener, de regarder, de s’asseoir et d’écrire ce qui se passe, juste là sous nos yeux, sans essayer d’y trouver ou d’y mettre d’autre émotion que celle qui s’y trouve.

 

Ne pas chercher à faire à tout prix: la poésie est présente en chacun de vous que je croise, en chacune des pierres des allées, des squares et dans la tasse blanche bordée de la mousse du café au goût un peu amer sur la langue.

Un ciel bleu limpide, une rosace de l’église plantée sur la place.

 

Quelques arbres que l’automne marque de ses flamboiements et les passants qui s’affairent devant la vitre du bistrot d’ou, affectueusement, je les observe:

une africaine au profil Peuhl altier, gesticule excédée, portable à l’oreille,

des ouvriers de la voirie et « Momo » qui me salue d’un grand geste du bras.

Une nonne en bleu jaillit de l’église et s’avance sur le parvis où quelques oubliés dorment encore, enveloppés de couvertures grises et râpeuses, et auxquels personne ne prête attention.

Au chaud, j’entends la musique, les conversations matinales, le crissement des pages du journal que lit mon voisin, lunettes au bord du nez.

 

 

 

 

Le marché proche déploie ses étals au soleil encore jeune, les paniers se remplissent; des rencontres, des bavardages aux terrasses avant que les grands froids ne tuent la ville et que restent chez eux, ceux qu’aucune tache n’appelle au dehors.

 

J’écris la vapeur qui s’échappe de l’atelier du laveur de voitures aux traits épuisés, j’écris la machine à sous qui avale son maigre salaire;

 

j’écris ma solitude, ma difficulté à vivre, l’angoisse qui m’enserre la poitrine et qui ne se dilue qu’à votre contact;

 

j’écris indéfiniment ma commune, vivante, chaude,

 

pauvre souvent, riche un peu, où on ose braver les interdits idiots,

 

 

dans une toilette du “Parvis”

où chaises et pots de fleurs agrémentent sauvagement les lieux publics,

 

“Morichar”

où des enfants jouent et des laissés pour compte, sirotent leurs bières les doigts tachés de nicotine;

j’écris, je bats le pavé et j’écris encore

 

et je fais provision de vous, j’écris vos moments adoucis et je souffle sur vos vies un voile de tendresse.

 

 

Mona mc Dee texte et photos

Mona Mc Dee·dimanche 23 octobre 2016

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